Passer au contenu principal

Gauche/droite – Entre pragmatisme et convictions

2 mars 2026
par Stéphane Bouchard

Shirley Dorismond se livre sans détour sur la santé, le syndicalisme et l’action politique

Invitée au balado Gauche/droite animé par Jacques Létourneau, Shirley Dorismond, députée de Marie-Victorin depuis 2022, propose un échange franc et nuancé sur son parcours, ses choix politiques et les grandes réformes qui traversent actuellement le réseau de la santé au Québec.

Animateur du balado, Jacques Létourneau a œuvré dans le monde syndical durant plusieurs années. Il est maintenant formateur au sein de Flanagan Relations publiques, où il offre la formation « Communiquer avec impact », destinée aux élues et élus, gestionnaires, porte-parole et leaders appelés à intervenir dans l’espace public et institutionnel.

Ancienne dirigeante syndicale à la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), infirmière de formation spécialisée en gérontologie et en santé mentale, Shirley Dorismond n’élude pas la question qui suscite souvent la curiosité : son choix d’adhérer à la Coalition Avenir Québec plutôt qu’à une formation politique plus clairement positionnée à gauche. Elle invoque avant tout le pragmatisme. Au-delà des étiquettes idéologiques, elle insiste sur la capacité de l’État à livrer des services publics efficaces, accessibles et bien organisés. « Il faut que ça marche », résume-t-elle, en mettant de l’avant l’importance de l’autonomie professionnelle et de la reconnaissance de l’expertise terrain.

La pandémie de COVID-19 occupe une place centrale dans l’échange. Shirley Dorismond se montre critique à l’égard du mouvement syndical, qu’elle juge avoir tardé à établir un dialogue structuré avec les autorités gouvernementales au début de la crise. Selon elle, une meilleure préparation et une collaboration plus rapide auraient permis d’atténuer certaines tensions et difficultés organisationnelles. Cette lecture des événements éclaire en partie son retrait du syndicalisme actif.

Sur le plan des réformes en santé, la députée défend avec conviction la revalorisation de la première ligne. À titre d’adjointe parlementaire au ministre de la Santé, elle affirme avoir fait du renforcement des CLSC une priorité. Elle rappelle que, malgré certaines perceptions héritées de réformes antérieures, ces établissements disposent toujours d’équipes multidisciplinaires capables de jouer un rôle central comme porte d’entrée du réseau. Elle plaide également pour un élargissement des actes professionnels, notamment pour les infirmières et les pharmaciens, afin de réduire la pression sur les médecins et les urgences.

La discussion s’élargit ensuite à des enjeux plus politiques. Sur la question du racisme systémique, Shirley Dorismond se dit en phase avec la position de la CAQ, reconnaissant l’existence du racisme tout en rejetant l’idée qu’il soit institutionnalisé au Québec. Elle se montre critique de certaines approches qu’elle perçoit comme excessivement polarisantes et peu propices au dialogue.

Enfin, la députée explique son appui à Bernard Drainville dans la course à la chefferie de la CAQ. Ce choix repose, selon elle, sur l’expérience, le pragmatisme et une consultation approfondie de sa circonscription ainsi que des acteurs communautaires. Une approche qui, à ses yeux, illustre une conception de la politique ancrée dans le terrain et la recherche de solutions concrètes — fil conducteur de l’ensemble de cet entretien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *