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COVID-19

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Blogue

12 mai 2020

COVID-19: Les pas de danse du docteur Arruda

Si ce n’était que de ses pas de danse, les Québécois pourraient assurément tout pardonner au docteur Arruda. Après tout, le directeur national de la santé publique du Québec a réussi à convaincre le premier ministre François Legault et son entourage de mettre rapidement le Québec sur pause. En utilisant le langage de la science, il a réussi le même petit miracle auprès des Québécois. Juste pour cela, on serait prêt à lui pardonner ce faux-pas.

Mais. Il y a un mais.

Malheureusement, nous ne sommes pas encore sortis de la crise. Montréal affiche l’un des pires taux de contagion en Amérique du Nord. L’appel au déconfinement progressif des régions génère une hausse de l’inquiétude des Québécois. Et moult familles vivent le deuil de leurs parents et de leurs grands-parents alors la COVID-19 frappe encore durement les CHSLD du Québec.

Reste que les Québécois seraient sans doute encore prêts à lui pardonner.

Cependant, depuis le début de la pandémie, le docteur Arruda multiplie les faux-pas qui, à terme, mine la crédibilité des actions du gouvernement. Par exemple, lorsqu’il a refusé de reconnaître la justesse des propos de la scientifique en chef du Canada, madame Mona Nemer, tout en invoquant les « gérants d’estrade », plusieurs n’ont pas compris cette prise de position. Prise un.

Surprise ! Après une visite très médiatisée dans l’arrondissement en crise de Montréal-Nord vendredi dernier, on apprend en fin de journée par le biais d’un communiqué les projections catastrophiques de l’INSPQ sur l’immunité collective. Le médecin-épidémiologiste à l’Institut national de santé publique du Québec, Gaston De Serres, a révélé qu’il avait communiqué la teneur des chiffres au docteur Arruda dès mercredi. Pourtant, pas un mot en conférence de presse. Prise deux.

Finalement, son refus de promouvoir le port du masque comme moyen de limiter la contagion, contrairement aux recommandations de la santé publique canadienne, est un sujet chaud depuis le début de la crise. Alors qu’il maintenait le même discours dans les derniers jours, le docteur Arruda, accompagné de monsieur Legault et madame McCann, s’est présenté à la conférence de presse du 12 mai portant un masque au visage. Cette incohérence lui vaut de nombreux questionnements. Et une troisième prise.

Et c’est sans compter les espoirs déçus des Québécois et de Montréalais face aux multiples annonces de l’augmentation massive des tests de dépistage. Prise quatre?

Pourtant, nonobstant leur grande visibilité médiatique, peut-on imaginer la docteur Theresa Tam au Canada ou le docteur Anthony Fauci aux États-Unis esquisser un pas de danse au bénéfice de… ? De qui d’ailleurs ? On a finalement su que l’organisme auquel les fonds avaient été promis, le Refuge de jeunes, bien connu grâce à son porte-parole Dan Bigras, ne savait pas que les profits de la danse rap lui étaient destinés. D’où le refus de s’associer avec les « moves » du bon docteur. Nul ne peut douter de la générosité de monsieur Arruda, mais à titre de tête d’affiche du gouvernement en ces temps de crise, sa seule et unique préoccupation se doit d’être la santé publique.

Le docteur Horacio Arruda, directeur national de la santé publique du Québec, semble se laisser séduire par les sirènes de la célébrité et de la politique. Alors que plus que jamais, nous comptons sur lui, le docteur Arruda multiplie les faux pas et s’éloigne de sa mission principale.

En gestion de crise, il arrive un moment critique. Celui où on atteint un point de bascule, où notre interlocuteur perd toute crédibilité. Au comité de crise du gouvernement Legault, on ne se souhaite sûrement pas atteindre ce moment fatidique. Pourtant, la menace est bien réelle.

Ne serait-il pas temps d’envisager un changement de porte-parole ? Ou de faire davantage place à d’autres scientifiques ou directeurs régionaux de la santé publique ?

Les Québécois sont-ils prêts à pardonner une nouvelle fois au docteur Arruda, malgré ses excuses en conférence de presse ? Ces mêmes Québécois qui, il faut le dire, en ont fait une célébrité instantanée en début de confinement. Sans doute.

Nul ne remet en doute sa volonté de servir. L’homme est intense et sans doute épuisé, comme l’est aussi toute l’équipe de gestion de crise du gouvernement. Mais il doit rapidement se recentrer sur la science, au cœur de sa mission. Pour notre plus grand bien.

Car si le porte-parole principal de la santé publique devient une distraction au point de nuire aux efforts du gouvernement, il faut le changer.

27 mars 2020

COVID-19 : Les cinq défis de François Legault

On l’a dit à moult reprises, la gestion de la crise sanitaire au Québec est menée jusqu’ici de façon exemplaire par le premier ministre du Québec, François Legault. À la tête d’une armée de huit millions et demi de soldats et soldates prêts à combattre la propagation du coronavirus, le général Legault mène, avec ses lieutenants Arruda et McCann, un combat sans merci contre un ennemi mortel qui menace non seulement la vie de personnes vulnérables, mais aussi les fondements mêmes de la société québécoise.

Presque à chaque jour, monsieur Legault annonce une nouvelle mesure plus ou moins coercitive : des conseils pour un lavage strict des mains aux appels de distanciation sociale, de la fermeture des écoles et des institutions d’enseignement au confinement quasi total des citoyens et des citoyennes. Et en finale, à ce jour, la mise en pause de l’économie du Québec.

Le marathon du premier ministre

Qu’il le veuille ou non, François Legault est dorénavant engagé dans un marathon de rencontres quotidiennes diffusées en direct dans les médias et sur les nombreuses plateformes numériques où il devra rendre compte des efforts déployés par la santé publique et l’ensemble du réseau de la santé au Québec pour contrer le virus.

En compagnie du directeur national de la santé publique, le docteur Horacio Arruda, et de la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, et occasionnellement avec un ou une de ses ministres, le premier ministre du Québec a tenu jusqu’ici (en date du 26 mars 2020) quinze mises à jour avec les journalistes.

Pour fin de comparaison, lors de la crise du verglas en janvier 1998, le premier ministre de l’époque Lucien Bouchard et le président-directeur général d’Hydro-Québec, André Caillé, ont rencontré la presse à sept reprises. Des rencontres qui ont fait école.

Les cinq travaux du premier ministre

Heureusement que toutes ces mesures furent prises et suivies, car la progression du nombre de personnes affectées par la COVID-19 et le nombre de décès liés à la maladie demeurent en hausse constante. Ce qui nous amène aux défis qui attendent le premier ministre François Legault au cours des prochaines semaines.

  • 1. Maintenir le cap sur la lutte à la propagation du coronavirus

François Legault n’a plus le choix. Depuis deux semaines, il enchaîne les mesures de plus en plus contraignantes pour limiter la propagation du virus et le nombre de victimes de la COVID-19. S’appuyant sur les directives de l’Institut national de la santé publique du Québec qui s’appuie elle-même sur la science, François Legault ne peut se laisser distraire par les impacts sociaux et économiques de ces mesures et les appels à ralentir la cadence. Le temps lui donnera sans doute raison, toutes ces mesures, appuyées actuellement par une forte majorité de la population, viendront sans doute à bout de la menace. Mieux, elles seront décrites parmi les meilleures pratiques au monde. Reste que nous en avons pour encore plusieurs semaines à subir les conséquences de ces mesures.

  • 2. Rester focus sur la mission des points de presse quotidiens

Pas question de s’arrêter à la mi-course. Le premier ministre doit poursuivre ses points de presse quotidiens jusqu’à ce que la tendance s’inverse. Autrement dit, il se doit d’accompagner les Québécois en continu pour encore deux ou trois semaines. Le premier ministre se devra de rester focus sur l’esprit de ces rencontres axées sur la santé publique et le bilan général provenant du réseau de la santé. Les messages doivent demeurer clairs. Il devra éviter le piège des cas particuliers que les journalistes ne manqueront pas de soumettre au point de presse quotidien. Les journalistes, régulièrement, soulèveront des enjeux spécifiques pour lesquels des réponses seront demandées. Or, cette tribune ne doit pas servir à répondre à des cas ou des besoins particuliers. Ils risquent de faire dérailler la gestion de crise du premier ministre.

  • 3. Gérer les impacts de la crise

En temps de crise, c’est tout l’appareil gouvernemental qui est mobilisé pour répondre et gérer les impacts. Répétez après moi : « Même en temps de crise, l’ensemble du gouvernement, donc tous les ministères, reste totalement opérationnel. » Le gouvernement n’est pas « fermé ». Il existe de nombreuses inquiétudes secondaires qui sont générées par la crise sanitaire et les mesures prises pour la contrer. Et elles nécessitent des réponses. Si toute l’attention est portée vers le premier ministre Legault, sa ministre et son directeur de la santé publique, le gouvernement n’est pas absent pour autant. Tous les ministères sont directement concernés de près ou de loin et doivent répondre avec un plan d’action à toutes les conséquences possibles de la crise.

  • 4. Prévoir une sortie de crise

Selon toute vraisemblance, nous sommes encore à quelques semaines du pic de la pandémie au Québec. Mais il y aura un après COVID-19. Francois Legault doit penser à sa sortie de crise. La gestion de la crise sanitaire est une chose, mais le retour à une vie normale en sera une autre. Elle risque d’ailleurs d’être longue et progressive. Le gouvernement sera toujours confronté à une crise économique qui risque d’emporter plusieurs entreprises. Avec un taux de chômage élevé, il n’y a aucune garantie que les personnes qui auront perdu leur emploi seront réembauchées rapidement. La vie des Québécois aura été bousculée et plusieurs en garderont des séquelles. Sans parler du déficit budgétaire de l’état et des risques de récessions. Bref, François Legault, comme tous les dirigeants du monde, aura besoin de toute son équipe ministérielle, de beaucoup de créativité et d’innovation pour une sortie de crise efficace. Il ne peut rien improviser, il doit planifier.

  • 5. Prendre du repos

Sur un plan plus personnel, il nous serait difficile de ne pas reconnaître le travail herculéen réalisé par monsieur le premier ministre Legault et son équipe. Sa présence quotidienne est rassurante, tout comme celles de la ministre McCann et du docteur Arruda. Il lui faudra faire attention de ne pas tomber dans le piège de trop vouloir en faire en s’imposant ces présences quotidiennes en plus de devoir gérer toutes ces situations critiques. Un mot : repos. Son équipe devra lui imposer une période de repos où, sauf extrême urgence, il pourra et devra refaire ses forces. Idem pour ses principaux collaborateurs.

*En conclusion, tous ces défis peuvent également se résumer à celui sous-jacent de conserver l’appui et l’adhésion de la population qui risque de s’essouffler avec le temps en raison des impacts des différentes mesures qui lui sont imposées. La population doit continuer à faire confiance à l’autorité du gouvernement et de la santé publique même si cela impose des sacrifices importants. Les conditions favorables au respect des mesures générées par le leadership du premier ministre François Legault doivent demeurer les bases solides de notre action collective. Garder les troupes mobilisées fera la différence au final sur le succès ou pas de la conduite de la gestion de crise de François Legault.

*Cette conclusion modifiée m’a été inspirée par le commentaire avisé de ma collègue Anne-Louise Milot.

25 mars 2020

COVID-19: Le plus difficile reste à venir pour le gouvernement Legault

Prenez note que ce texte a été originalement publié dans l’édition du 21 mars 2002 du quotidien Le Devoir sous la plume de Guillaume Bourgault-Côté.

À travers tout ce qui s’est écroulé cette semaine — la vie normale, si l’on résume —, un point de repère a émergé : la manière dont le trio Legault-McCann-Arruda guide le navire au milieu d’une tempête foudroyante. Malgré la qualité de la gestion de crise du gouvernement, le plus difficile reste néanmoins à venir. Et tous le savent.

« Tu ne peux pas arriver d’un coup et tout fermer. Si tu veux que les gens embarquent, qu’ils comprennent la menace, ça te prend une gradation. »

C’est un proche conseiller de François Legault qui le dit au Devoir : le 12 mars, au moment d’annoncer le premier train de mesures de Québec pour réagir à la propagation du coronavirus — la fin des rassemblements de plus de 250 personnes et l’isolement volontaire des voyageurs —, le premier ministre savait déjà qu’il donnerait un autre grand coup le lendemain.

Mais il savait aussi qu’un traitement-choc se prend mieux une cuillère à la fois, cela, même si la cuillère a la taille d’une louche.

C’est donc le 13 mars que la vie des Québécois a vraiment basculé : les écoles et les garderies seraient fermées pour au moins deux semaines (on comprend maintenant que cela pourrait durer beaucoup plus longtemps). Le 14 mars, on décrétait l’état d’urgence sanitaire, tout en invitant les aînés à rester chez eux.

Le 15, l’ordre était donné de fermer les bars, les gymnases, les cinémas, les bibliothèques ou les centres de ski, sans compter des mesures restrictives pour les restaurants. D’autres annonces suivront dans la semaine, entraînant d’autres contraintes (notamment la fermeture des frontières par le fédéral), obligeant aussi Québec et Ottawa à sortir des dizaines de milliards en aide immédiate aux entreprises et aux citoyens touchés de plein fouet.

Des journées épiques, aux limites du surréalisme. Une crise à fragmentation qui n’épargne personne.

Et pourtant. Dans ce Québec aux salles désertes, aux contacts sociaux quasi nuls, aux autobus vides et aux cours d’école silencieuses, dans ce Québec semi-fermé et reclus, eh bien, 85 % de la population approuve la gestion du gouvernement Legault, comme le montrait le sondage Léger publié dans Le Devoir mercredi.

Note parfaite

Il faut remonter à 1998 et à la crise du verglas pour retrouver un tel phénomène. À l’époque, avec des pylônes écrasés partout au Québec, un sondage avait crédité Hydro-Québec d’un taux de satisfaction de 92 %. « On avait une entreprise incapable de donner du service à la moitié de la population, mais tout le monde était satisfait ! » s’étonne encore Steve Flanagan, qui était alors le principal porte-parole de la société d’État.

Selon lui, il ne faut pas chercher bien loin pour comprendre pourquoi les Québécois accordent une telle note à leur gouvernement. « La gestion de crise faite par Québec [pour le coronavirus] est impeccable. Vraiment impeccable. Le gouvernement est intervenu très rapidement, il s’est positionné comme étant la principale source d’information fiable et crédible par rapport à la crise, les messages sont clairs et efficaces. On n’a pas hésité non plus à reconnaître que ça prendrait de l’aide — notamment des influenceurs et des artistes. »

Résultat ? « Ils ont réussi en quelques jours à peine à créer un climat de confiance au Québec pour amener l’ensemble des Québécois à vouloir s’impliquer pour ralentir la propagation du virus, dit Steve Flanagan. Aujourd’hui, on fait tous partie de la même équipe. Comme entrée en scène, c’est vraiment parfait. »

Spécialiste de la gestion de crise, M. Flanagan souligne que si « la population n’a pas la perception que le gouvernement assume rapidement ses responsabilités et son leadership, ça crée de la confusion et ça incite d’autres personnes à intervenir… ce qui augmente la confusion. C’est exactement ce qu’on a vu à Ottawa dans les premiers jours ».

Au contraire, la méthode de M. Legault, Danielle McCann (ministre de la Santé) et Horacio Arruda (directeur national de la santé publique) d’offrir des conférences de presse quotidiennes — Ottawa s’y est mis depuis — « a l’immense bénéfice d’assurer une cohésion dans la transmission des messages », dit-il. Et, plus important peut-être, de créer une « cohésion sociale qui est vraiment fondamentale dans le contexte ».

La bonne méthode

Les qualités de la formule ont été abondamment soulignées : le ton calme et rassurant des trois, mais qui est couplé à des avertissements sentis pour que l’importance de la crise qui se développe soit bien comprise. La franchise et la transparence par rapport aux opérations — ce qui va, ce qui va moins bien. Et toujours, quelques mots de M. Legault pour remercier les « anges gardiens » qui sont en première ligne du combat (le personnel de la santé), ceux qui vont donner du sang, « ceux qui nous nourrissent » ou qui vous informent : de l’empathie dans le tumulte.

« Je le vois vraiment comme un général à la guerre, le capitaine que tu veux dans des eaux troubles, dit un membre de son cabinet qui a une longue expérience politique. C’est le gars qui analyse tout, froidement mais humainement, et qui comprend l’impact de ses décisions. »

« Il excelle dans ce genre de situation, estime un autre membre de sa garde rapprochée. Il rentre dans sa bulle, et il reste totalement concentré sur l’enjeu. On parle souvent de son langage franc, mais c’est une grande force dans une crise. »

Pour Steve Flanagan, ce qu’on voit de François Legault, Danielle McCann et Horacio Arruda révèle des qualités similaires à celles du premier ministre Bouchard et du p.-d.g. d’Hydro-Québec, André Caillé, lors de la crise du verglas. « Et c’est ce qu’on attend de nos dirigeants, dit-il. Quand on est dans une situation de crise d’une ampleur exceptionnelle, il faut sentir qu’ils [les leaders] savent où ils s’en vont, qu’ils ont la compétence et l’expertise pour nous guider. »

Cela, même si les dirigeants n’ont pas toutes les réponses aux questions qui surgissent, ajoute Louis Aucoin, un spécialiste des relations publiques qui a longtemps oeuvré en politique. « Le public n’exige pas ça : mais il veut que tu sois en action, qu’il y ait un processus en cours. Il faut dire ce qu’on fait, être présent. »

Lui aussi donne une « note parfaite » au gouvernement Legault pour sa réaction depuis une dizaine de jours. « François Legault donne du sens à ce qu’il fait. Il a une stratégie de communication qui est claire, qui explique les difficultés, etc. Cela fait que même s’il y a des ratés avec les lignes téléphoniques ou les cliniques spéciales, le public pardonne. »

Durer

Sauf que tout cela ne concerne que le début de la crise — les premiers fragments de l’explosion. Et que le plus difficile est encore à venir, reconnaissent les quatre intervenants interrogés. « Le défi va être de gérer la courbe descendante, dit Louis Aucoin. On ne sait pas combien de temps ça va durer ni combien de personnes vont être affectées. C’est difficile de gérer les attentes dans un cas comme ça. »

Même écho chez Steve Flanagan. « On se dirige encore vers le pire, et on ne sait pas quand on va atteindre le point où ça va commencer à aller vers le mieux. Le grand défi est là : accompagner quotidiennement les Québécois sur le chemin qui mène au pire, et maintenir cette image de gens en contrôle. »

Car cette crise est différente de toutes les autres, rappelle autrement un conseiller de M. Legault. « Une panne de courant, on sait que ça va se rétablir à un moment donné. Une inondation, l’eau va redescendre. Mais là, il y a la question du temps et de l’inconnu. Et on est conscients que ça contraint beaucoup de monde. Sauf qu’il ne faudra pas qu’il y ait de relâchement, parce que c’est là qu’on va devenir vulnérables. »

Mais il ajoute que « la plus belle surprise jusqu’ici, c’est de voir la force de la solidarité collective. C’est franchement beau à voir ».

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