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Quand la communication devient la dernière planche de salut de la CAQ

18 septembre 2025
par Stéphane Bouchard

La défaite lors de l’élection partielle d’Arthabaska, les cafouillages dans le dossier NorthVolt et la déroute du projet SAAQClic ne font que confirmer la mauvaise posture dans laquelle se retrouve la Coalition Avenir Québec (CAQ), à moins de deux ans de l’échéance électorale de 2026. Les électeurs n’achètent plus le récit de la CAQ, sa popularité est à son plus bas niveau depuis son arrivée au pouvoir, et les sondages catastrophiques des dernières semaines ne font que souligner la gravité de la situation.

Le premier ministre François Legault a tenté d’y répondre par un important remaniement ministériel, destiné à « amener du sang neuf » et à relancer son gouvernement. Dans son discours, il a énoncé des priorités claires : redessiner l’économie du Québec, donner un « traitement choc » pour la fonction publique et la bureaucratie, renforcer la loi et l’ordre et contrôler les questions d’immigration, de langue et de laïcité. Ce sont, indéniablement, des thèmes qui rejoignent les préoccupations de la population.

Mais il faudra plus qu’un changement d’équipe et un rappel de priorités pour reconquérir la confiance des Québécois. Car le problème de fond n’est pas seulement programmatique : il est communicationnel. Depuis plus d’un an, la CAQ s’est enlisée dans des messages contradictoires, des annonces improvisées et un ton parfois perçu comme hautain ou déconnecté.

Le cœur de la bataille : la communication

La CAQ doit démontrer qu’elle est capable d’un nouveau départ, non seulement sur le fond de ses politiques, mais aussi dans la manière de les expliquer et de les incarner. Le gouvernement Legault a désormais l’occasion de redresser la barre : en clarifiant son récit, en assumant ses erreurs, et en adoptant une communication cohérente et respectueuse.

Les Québécois veulent des explications simples, des gestes concrets et des engagements crédibles. Ils veulent sentir que le gouvernement leur parle franchement, qu’il les écoute et qu’il reconnaît leurs inquiétudes.

Les piliers d’une communication de reconquête

  • Clarté absolue : chaque mesure doit être expliquée en langage simple, répétée et incarnée par des ministres crédibles.
  • Narratif mobilisateur : sortir du mode défensif pour replacer l’action gouvernementale dans un récit positif – bâtir, protéger, améliorer.
  • Proximité humaine : multiplier les présences terrain, les entrevues locales et les interactions directes avec les citoyens.
  • Maîtrise de l’agenda : occuper l’espace médiatique avec des gestes concrets, sans se laisser enfermer par les attaques de l’opposition.

Trois urgences d’action

  1. Répondre aux priorités citoyennes : santé, logement, coût de la vie et environnement. Des résultats visibles et mesurables doivent être rapidement livrés.
  2. Reconquérir les régions : accentuer la présence ministérielle, donner plus de moyens aux élus locaux, et adapter les réponses aux réalités régionales.
  3. Changer le ton : moins de leçons, plus d’écoute, et une capacité à reconnaître les erreurs.

Conclusion

Le défi qui attend la CAQ demeure immense. Les cafouillages, les scandales et les sondages désastreux ont érodé sa crédibilité. Le remaniement et les nouvelles priorités annoncées sont un premier pas. Mais sans une réorientation profonde de sa communication – plus claire, plus humble, plus respectueuse – la CAQ risque de ne pas transformer l’essai.

À terme, c’est moins dans les politiques que dans l’art de les expliquer, de créer un lien renouvelé avec les citoyens et de susciter un nouvel élan collectif que se jouera la survie politique du gouvernement Legault.

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