Quoi penser de la Stratégie numérique du gouvernement du Québec?

Une personne regardant vers le haut avec un casque de VR.

On ne peut que saluer la décision du gouvernement du Québec de présenter une stratégie numérique globale qui dictera les actions du gouvernement. Alors que bien des gouvernements occidentaux sont à la remorque des GAFAs au point de fortement influencer les politiques fiscales sous le poids de leur popularité, il est nécessaire que les gouvernements se positionnent et présentent les grandes directions qu’ils veulent donner aux économies.

Par contre, ces grandes orientations arrivent bien tard dans un monde qui évolue à la vitesse grand «v». Celles-ci auraient dû être au centre de l’action gouvernementale depuis au moins 10 ans. Aussi, le numérique devrait avoir dépassé le statut de stratégie pour devenir un réflexe qui est présent dans les actions quotidiennes gouvernementales. On ne parle pas ici d’un ministère du numérique, mais d’un gouvernement agissant dans son ensemble avec le réflexe numérique.

Pour mettre en œuvre cette stratégie, il faudra utiliser les leviers de l’état pour structurer la nouvelle économie. Il y a une sensibilité culturelle et économique québécoise qui est particulière.

Culture organisationnelle

Une personne travaillant à son bureauLa 3e grande orientation de la Stratégie numérique du gouvernement parle «d’une administration publique transparente et efficiente». On ne peut pas être contre la vertu. Pour «Repenser les services existants et concevoir tout nouveau service pour offrir une expérience numérique centrée sur la personne», il va falloir qu’il y ait plus qu’une intention, mais les outils pour le faire. Ces outils passent surtout par l’expertise amenée par les grandes firmes numériques. Projets après projets, elles n’ont pas été en mesure de faire preuve de souplesse, de fiabilité et d’efficacité budgétaire. Chaque projet gouvernemental semble finir en « bordel informatique».

Les ministères devront se questionner sur leurs capacités internes en informatique et embaucher en conséquence. Justement, avec les ressources informatiques modernes, bons nombre de postes ont moins besoin de spécialistes, mais plus de généralistes qui sont capables d’obtenir des résultats en utilisant les outils disponibles. On peut croire que le changement générationnel qui s’opère dans la fonction publique aidera à changer ce paradigme.

Espérons aussi que les ministères oseront faire des appels d’offres plus ouverts qui ouvriront la porte aux centaines de «start-ups» qui fourmillent dans les WeWork de ce monde. Elles sauront apporter une approche différente aux divers projets. Leur flexibilité permettra à terme d’être plus efficace dans les livrables et au niveau budgétaire.

Infonuagique

Hydro-Québec a des surplus énergétiques et tente de l’utiliser pour attirer l’industrie de la cryptomonnaie. Bien qu’on ne peut pas nier l’importance que prennent les cryptomonnaies dans l’économie, elle reste marginale et leur croissance est instable. Si l’on avait eu le même empressement et la même vision, il y a 10 ans alors qu’apparaissait le phénomène de l’infonuagique, nous aurions pu profiter de la montée des iCloud, Twitch et Facebook de ce monde. Cette industrie infonuagique offre des revenus et des besoins stables à long terme. Il est étonnant que le gouvernement, sans empiéter sur les compétences internes d’Hydro-Québec, n’ait pas établi une stratégie numérique industrielle pour rattraper cette occasion ratée. Sans compter nos hivers à -20 ° qui limitent les besoins en climatisation.

Formation et scolarité

Un ordinateur qui sera pertinent pour les élèves apprennent à coder avec la stratégie numérique.

On peut comparer l’enseignement de l’informatique à celle des sciences et des mathématiques. On doit connaître les mathématiques pour faire de la science, mais pas nécessairement l’inverse. Au niveau informatique, c’est la même chose. On peut et l’on doit maîtriser des concepts de base, notamment la logique du code, pour pouvoir utiliser les logiciels à leur plein potentiel.

La deuxième orientation de la Stratégie numérique propose des mesures pour amener ces compétences dans nos écoles, mais ne définit pas quel type d’enseignement on veut faire dans nos écoles. On doit véritablement se questionner sur le besoin d’apprendre aux étudiants à coder. Comment allons-nous intégrer des notions de mathématiques pour ne pas ajouter cette matière au curriculum? Comment garder l’aspect fondamental de l’informatique pour ne pas le subordonné aux besoins du marché?

Une stratégie numérique prometteuse qui arrive tard

Finalement, malgré les critiques ci-dessus, cette stratégie numérique était nécessaire. Elle donne une impulsion à un changement plus grand qui est à venir. Elle est arrivée tard alors que les économies sont boulversées. Espérons que la prochaine élection donnera lieu à un certain débat qui permettra d’établir quel gouvernement numérique nous voulons vraiment.

Si vous voulez comprendre comment vous pouvez être un acteur dans cette stratégie numérique avec les instances gouvernementales et comment faire rayonner votre organisation dans ce monde en constante évolution, nous vous invitons à nous joindre.

 

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