Le CH: La crise de gestion de Geoff Molson

L’interminable saison de misères du Canadien de Montréal tire à sa fin. Dans quelques jours les joueurs videront leurs casiers – certains pour la dernière fois – et quitteront ce vestiaire qui n’a de mythique que les souvenirs d’une autre époque. Alors que la presse locale s’acharnera à faire le bilan d’une saison que les amateurs veulent oublier, un homme, un seul, aura la responsabilité de redresser cette entreprise qui s’éloigne de sa mission et de sa clientèle: le propriétaire Geoff Molson. Mon analyse.

Le 16 mars dernier, Geoff Molson reconnaissait pour la première fois que « la saison de l’équipe est inacceptable à tous les niveaux« . Du même souffle il réitérait sa confiance à l’égard de son directeur-général, Marc Bergevin, à qui il a confié le mandat de gérer une transition touchant le leadership de l’entreprise, le recrutement et le développement des joueurs, de même que la composition de l’équipe de hockey. Bref, il exige de Marc Bergevin une réévaluation complète de l’organisation et des changements à tous les niveaux; des membres de l’équipe de gestion aux joueurs sur la patinoire. Marc Bergevin n’a plus droit à l’erreur, il doit produire des résultats et rapidement.

Le génie de Geoff Molson, au moment de sa déclaration qui n’avait rien d’impromptu, a été de calmer l’agitation autour de l’équipe de hockey et de tuer les nombreuses rumeurs qui circulaient à l’égard de l’avenir de Marc Bergevin. Cependant, l’effet pervers de cette déclaration, c’est qu’elle place aussi le propriétaire de l’équipe dans une obligation de résultats à très court terme.

Un bilan de saison qui n’est plus à faire

Tous les amateurs de hockey partagent les propos de Geoff Molson: la saison de l’équipe est inacceptable. L’équipe de hockey n’a pas obtenu les résultats attendus et pour une troisième saison en sept ans le Canadien de Montréal ne participera pas aux séries éliminatoires de la Ligue nationale de hockey.

Le Centre Bell se vide progressivement. D’une partie à l’autre on constate de plus en plus de sièges inoccupés. L’impact économique de la performance de l’équipe se fait sentir. Moins de gens dans les gradins, moins de billets vendus. Moins de billets vendus moins de revenus. Sans parler de l’audimat qui confirme le désintérêt des amateurs de hockey à suivre la Sainte-Flanelle à la télévision.

Pour ma part je constate aussi dans la presse et dans les médias sociaux un véritable désengagement des amateurs de hockey à l’égard du Canadien de Montréal. Les propos sont souvent sarcastiques et ils expriment une désapprobation généralisée à l’endroit de la direction de l’équipe qui a promit une équipe compétitive malgré les départs depuis deux ans de joueurs populaires et respectés tels que P.K. Subban, Andrei Markov et Alexander Radulov. Et je ne vous parle même pas de la perception du public de l’attitude du gardien-vedette Carey Price…

Or, il serait tentant pour la direction de l’équipe de se soumettre à la traditionnelle conférence de presse d’après-saison pour présenter sa lecture des faits. On nous dirait sans doute que le mauvais début de saison de l’équipe et des blessures à des joueurs-clés tels que Shea Weber ont plombé la performance générale des joueurs. On nous expliquerait aussi que dans un système paritaire comme celui de la LNH il devient de plus en plus difficile de réaliser des échanges pour améliorer l’équipe au cours de la saison régulière. Je vous parierais aussi quelques dollars qu’on nous tiendrait le discours que le Ligntning de Tampa Bay ne s’est pas qualifié pour les séries de fin de saison l’an dernier et qu’il est ce printemps un sérieux aspirant à la conquête de la Coupe Stanley! On omettrait sans doute de préciser que le Ligntning a récolté 94 points l’an dernier – sans faire les séries – alors que le Canadien de Montréal ne peut faire mieux que 78 points cette saison, s’il remporte toutes ses parties d’ici la fin de son calendrier régulier.

C’est le temps de passer à l’action

Geoff Molson a un plan. Il l’a dit. Alors, il est temps de passer à l’action. La fin de saison devient donc une première occasion pour le propriétaire de l’équipe de démontrer le sérieux de ses propos et d’annoncer les premiers jalons qui marqueront la profonde transformation de l’équipe. Nous en avons discuté Mario Langlois, Luc Lavoie et moi lors de l’émission radiophonique les Amateurs de Sports diffusée sur les ondes du 98,5 FM, mercredi soir dernier.

Car une transformation majeure s’impose. La performance des joueurs sur la patinoire reflète à mon avis les lacunes systémiques de l’entreprise qu’est le Club de hockey Canadiens inc.. Inutile de critiquer les joueurs, reconnaissons seulement qu’ils ont été recruté, développé, encadré, outillé et dirigé sans succès depuis quelques saisons par la direction de l’équipe. Or, espérer qu’une ou deux transactions pourraient permettre à l’équipe de se redresser relève de la pensée magique dans une perspective moyen-long terme.

La crédibilité du propriétaire et de son directeur-général est en jeu. L’image de l’entreprise et de la marque aussi. Et les attentes des amateurs sont très élevés. Dans un contexte aussi compétitif qu’est la LNH et avec une histoire aussi riche et glorieuse qui a marqué l’équipe le statu quo serait aussi inacceptable.

Geoff Molson n’a plus le choix. Il doit dès la semaine prochaine se présenter devant le public, par l’entremise des médias et procéder à ses premières annonces.

 

 

 

 

 

 

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